Arbre remarquable

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S’extasier devant le port majestueux d’un chêne centenaire ou la ramure d’un vieux cèdre du Liban ne suffit pas à conférer à ces espèces impressionnantes le caractère d’arbre remarquable. Le label répond au contraire à différents critères, qui, assemblés, attestent du caractère exceptionnel du spécimen.

Un olivier au tronc noueux et large au cœur d’une oliveraie, un érable étincelant sur des falaises japonaises ou une forêt de séquoias… ces sujets se prêteraient de prime abord au qualificatif d’arbres remarquables.

Pourtant, les espèces ne peuvent prétendre à ce titre, sauf exception, lorsqu’ils poussent dans leur milieu d’origine au milieu de leurs semblables. Que faut-il donc de plus pour obtenir le label tant convoité ? Réponse maintenant !

Critères d’un arbre remarquable

Les critères sont à relativiser en fonction de chaque espèce, de chaque zone géographique, de l’environnement dans lequel évolue l’arbre.

L’âge de l’arbre :

  • L’âge de l’arbre est le critère le plus évident mais pourtant pas le plus systématique. Définir avec exactitude l’âge d’un arbre n’est pas toujours aisé.
  • Mais qui dit vieil arbre ne signe pourtant pas son caractère exceptionnel : un olivier ou un chêne plusieurs fois centenaires n’ont rien de remarquable tandis qu’un if de 300 ans commencera à alimenter la légende et se rapprocher du label.

À noter : la dendochronologie ou datation par comptage des cernes de croissance est la technique la plus réputée. La datation du système racinaire au carbone 14 est également très courante pour dater les espèces plusieurs fois millénaires.

La circonférence du tronc :

  • En se basant sur un référentiel richement documenté et très précisément défini selon les espèces, il est considéré que les arbres dont la circonférence est supérieure à la majorité de celle de ses semblables d’une même espèce et de même famille peuvent prétendre au titre d’arbre remarquable.
  • Le tronc d’un ginkgo biloba d’une circonférence de 4 mètres suscitera moins d’intérêt qu’un bouleau dont le tronc répondrait à la même taille.

La hauteur de l’arbre :

  • Un sujet à la taille habituellement limitée peut revêtir un caractère exceptionnel lorsque sa hauteur dépasse celle habituellement référencée.
  • Ainsi, un if de 20 mètres est relativement courant tandis qu’un olivier de même taille serait assez exceptionnel.

La croix de bûcheron :

  • La hauteur d’un arbre se mesure à l’aide d’une croix de bûcheron. Celle-ci se compose de deux baguettes à assembler en T.
  • Il faut ensuite se placer à une distance estimée équivalente à la hauteur de l’arbre puis placer la baguette horizontale au niveau du regard.
  • Faire coulisser la baguette verticale de façon à ce que celle-ci épouse parfaitement le tronc de l’arbre, du pied à la cime, en reculant ou avançant si besoin.
  • Une fois la perspective parfaite obtenue, mesurer la distance au sol qui sépare votre position du pied de l’arbre afin d’obtenir la mesure exacte de la hauteur de l’arbre.

La zone géographique :

  • Certains arbres isolés, plantés artificiellement ou dus à des rejets, peuvent présenter un caractère remarquable lorsqu’ils se sont développés loin de leur milieu d’origine.
  • Un arbre fruitier sorti de terre en plein champ, une espèce exotique séculaire ayant grandi spontanément dans le Nord de la France sont assez inattendus pour candidater au titre.

Le caractère esthétique : les entrelacs d’un tronc, comme les fromagers caractéristiques des temples d’Angkor au Cambodge, certains figuiers d’Asie ou les arbres présentant un intérêt paysager insolite sont souvent bénéficiaires du label d’arbre remarquable (à l’échelle nationale).

Le caractère biologique :

  • Certains arbres, se développant pourtant dans leur milieu d’origine, présente une adaptabilité significative.
  • Tel est le cas de sujets poussant à flanc de rochers, le système racinaire se frayant alors un chemin dans le minéral, le tronc enserrant une roche, la ramure étouffant un élément d’architecture pour bénéficier d’une luminosité accrue.

Sa situation dans l’espace :

  • Ce critère d’emplacement peut s’avérer assez subjectif car celui-ci s’apparente le plus souvent à de la croyance populaire ou renvoie à la notion d’affectivité.
  • En effet, un chêne centenaire planté sur une place de village est remarquable par l’adhésion de la population pour ce patrimoine local.
  • Il en va de même d’un arbre finalement banal mais auquel la légende a prêté des vertus illustres.

À noter : un simple saule au pied duquel se serait reposé un personnage mythologique a toutes les chances d’être sacré arbre remarquable. Ceci dit, les sujets attachés à la légende le sont souvent justement grâce à leur beauté, leur port majestueux ou des particularités promptes à faire de lui un sujet d’exception.

Label Arbre remarquable : principe

Le label Arbre remarquable de France est décerné depuis l’année 2000 sur initiative de l’association ARBRES (Arbres Remarquables : Bilan, Recherche, Études et Sauvegarde).

Partant du principe que « les arbres remarquables font partie du patrimoine collectif », l’association a pour objet de sensibiliser la population à la sauvegarde des sujets d’exception et à la nature en particulier.

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