Castrage de maïs

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Avec la prise en considération des enjeux écologiques et l’engouement pour posséder son potager et cultiver ses céréales, la semence de quelques pieds de maïs apparaît chez certains particuliers comme le luxe ultime du 100 % cultivé maison. Toutefois, avant qu’il n’envahisse les jardins de particuliers, le maïs est surtout cultivé à grande échelle par les agriculteurs qui ne manquent pas, chaque été, la phase de castration.

Étape indispensable au rendement qualitatif et quantitatif des grains, la castration du maïs est soumise à diverses exigences. Menée à grande échelle sur les parcelles, elle est aujourd’hui discutée par certains, mais demeure tout de même essentielle. On fait le point.

Qu’est-ce que la castration du maïs ?

La castration du maïs vise à retirer l’inflorescence mâle du maïs sur certains rangs femelles et éviter ainsi l’auto-fécondation de la plante. Cette panicule ou "tassel" se situe au sommet de la tige.

Le maïs est appelée "plante monoïque" car elle possède, sur un même pied, en deux endroits différents, les organes de reproduction féminin et masculin :

  • l’inflorescence mâle est située au sommet de la plante ;
  • l’inflorescence femelle pousse à l’aisselle des feuilles, à la moitié de la hauteur du plant.

Précision : les plantes monoïques ont la particularité de s’auto-féconder grâce à la libération des pollens de la panicule sur les inflorescences femelles, appelées "soies", et situées quelques centimètres plus bas.

Pourquoi castrer le maïs ?

L’auto-fécondation du maïs n’est pas souhaitable pour la qualité et le rendement des grains de maïs.

La castration du maïs, qui consiste en l’étêtage des fleurs mâles sur les rangs femelles permet de ne conserver qu’une rangée de pieds femelles, prêts à être fécondés par les espèces mâles d’une autre variété, plantées dans le rang voisin.

Seuls des pieds exclusivement femelles demeurent, plantés en rangs alternés avec des pieds exclusivement mâles d’une autre espèce.

Du croisement de ces espèces mâles et femelles différentes dépendra la qualité et le rendement du grain. C’est en effet  en forçant l’union de deux pieds de sexes et de variétés différents que le rendement sera assuré, voire doublé l’année suivante.

À noter : la castration est réalisée sur les maïs « semences », c’est-à-dire sur les pieds mères qui porteront les futurs épis de maïs « grains » après fécondation.

Castration manuelle ou castration mécanique ?

À noter : une seule panicule non ôtée sur une parcelle peut entraîner la production de 5 millions de grains de pollen qui engendreront, par autofécondation, des semences non-conformes.

Selon les variétés et dans la plupart des cas, la castration mécanique mérite d’être complétée par une castration manuelle.

La castration mécanique permet dans un premier temps de sectionner les inflorescences au sommet des plantes selon une hauteur préétablie.

Certaines inflorescences, situées plus bas que le niveau de coupe de la machine, doivent être retirées à la main.

Bon à savoir : les parcelles de maïs sont vérifiées par des contrôleurs mandatés, pendant et après les phases de castration pour s’assurer de l’arrachage systématique des panicules. Le seuil de tolérance d’oubli d’arrachage n’est que de 2 panicules pour 1000 pieds.  Le non-respect de ce quotat induit le retrait de la norme qualité pour toute la parcelle. La vigilance et la méticulosité sont donc de mise !

Quand faire le castrage du maïs ?

Le castrage du maïs intervient à un moment précis, sur un laps de temps très court de 12 à 48h qu’il est difficile de prévoir plus de 3 jours à l’avance :

  • réalisée trop tôt, la castration pourrait blesser la plante ;
  • mais, si elle est réalisée trop tard, le risque de pollinisation est réel et peut avoir de graves conséquences sur le rendement et la qualité des grains.

Bon à savoir : la phase de castration est précédée d’une étape d’épuration visant à ôter les pieds les plus chétifs et les plus faibles de la parcelle. Ainsi, seuls les sujets fécondants et bientôt fécondés les plus résistants sont conservés.

Castrage de maïs : le phénomène de protandrie ou protérandrie

La protandrie (ou protérandrie) est un terme de botanique définissant les plantes dont les organes mâles libèrent leur semence avant que les organes femelles ne soient réceptifs, ou mûrs, pour les recevoir.

Dans le cas du maïs, les anthères (pollen fécondant libéré par la panicule) sont libérées 3 à 4 jours avant que les soies (organes femelles) ne soient à même de les conduire à l’ovule.

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