En bref
- Le terreau de feuilles mortes s’obtient par décomposition naturelle sur 12 à 18 mois
- Il convient de broyer les feuilles pour accélérer le processus de décomposition
- Ce substrat pauvre en nutriments convient parfaitement aux semis et à l’amélioration de la structure du sol
- L’ajout de matière organique azotée réduit le temps de maturation
Les étapes de fabrication du terreau de feuilles mortes
La création du terreau commence par la collecte des feuilles mortes. Il est préférable de ramasser les feuilles par temps humide, ce qui facilite leur manipulation et leur décomposition ultérieure.
Préparation des feuilles
Le broyage des feuilles constitue une étape déterminante. Une tondeuse permet de découper finement la matière végétale et d’accélérer le processus de décomposition. Les feuilles broyées se décomposent plus rapidement que les feuilles entières.
Il convient de regrouper les feuilles broyées dans un tas ou un silo à compost. Cette concentration favorise l’activité microbienne nécessaire à la transformation de la matière organique.
Activation de la décomposition
L’ajout de matière organique fraîche azotée stimule la décomposition. Les tontes de gazon, les orties ou la consoude apportent l’azote nécessaire à l’équilibre du processus. Le purin d’ortie constitue également un activateur naturel efficace.
Il suffit de maintenir le tas humide tout en le laissant ouvert pendant l’hiver. L’alternance entre humidité et aération favorise l’activité des micro-organismes décomposeurs.
Maturation et finalisation
Le retournement du tas une ou deux fois durant la période de maturation oxygène le mélange. Cette opération homogénise la décomposition et évite la formation de zones anaérobies.
Après 9 à 10 mois, il devient possible de commencer le tamisage. Le terreau de feuilles mortes atteint sa maturité optimale au bout de 12 à 18 mois selon les conditions climatiques et la composition du tas.
Choix des feuilles et temps de décomposition
Toutes les feuilles ne se décomposent pas à la même vitesse. Les feuilles tendres comme celles du tilleul, du bouleau, du noisetier ou de l’érable se transforment rapidement en humus.
Les feuilles plus coriaces nécessitent davantage de patience. Les feuilles de chêne, riches en tanins, ou celles du platane demandent une période de décomposition plus longue. Il est recommandé d’éviter les feuilles de noyer qui contiennent des substances inhibitrices.
Bon à savoir : les feuilles malades ou parasitées ne doivent jamais intégrer le tas de compost pour éviter la propagation des pathogènes.
Utilisation du terreau de feuilles mortes
Ce substrat présente des caractéristiques particulières qui déterminent ses usages. Le terreau de feuilles mortes offre une structure légère et aérée, idéale pour améliorer la texture des sols lourds.
Pour les semis
Sa finesse et sa pauvreté en nutriments en font un excellent support pour les semis. Les graines disposent de leurs propres réserves nutritives pour la germination, et ce substrat évite les risques de brûlure racinaire.
Il convient d’enrichir ce terreau pour les cultures gourmandes. Un mélange composé de deux tiers de terreau de feuilles mortes, d’un sixième de terre végétale et d’un sixième de compost mûr constitue un substrat équilibré.
Amélioration du sol
Incorporé directement dans la terre du jardin, ce terreau améliore la structure du sol. Il allège les terres argileuses et augmente la capacité de rétention d’eau des sols sableux.
Son utilisation en paillis protège les cultures du froid et maintient la fraîcheur du sol en été. Cette application réduit également la croissance des adventices.
Différence entre terreau et compost
Il convient de distinguer le terreau de feuilles mortes du compost traditionnel. Le compost constitue un amendement riche en nutriments, obtenu par la décomposition de matières vertes et brunes variées.
Le terreau de feuilles mortes reste un substrat de culture pauvre en éléments nutritifs. Cette caractéristique en fait un support de croissance plutôt qu’un engrais. Son rôle principal consiste à offrir un environnement favorable au développement racinaire.
Astuce : pour enrichir naturellement ce terreau, il suffit d’arroser les jeunes plants avec du purin d’ortie dilué ou de l’urine diluée au dixième.
Optimisation de la fabrication
Plusieurs techniques permettent d’améliorer la qualité du terreau final. L’ensemencement du tas avec du compost en décomposition ou de l’humus forestier accélère le processus.
La protection du tas contre le froid hivernal maintient l’activité microbienne. Une bâche ou un paillis épais conserve la température nécessaire à la décomposition.
Attention : un excès d’humidité peut provoquer un pourrissement anaérobie. Il est préférable de couvrir le tas par temps de pluie prolongée.
Conservation et réutilisation
Le terreau de feuilles mortes se conserve plusieurs années dans un endroit frais et légèrement humide. Un stockage dans des sacs percés ou des bacs aérés maintient ses qualités.
Ce substrat peut être réutilisé après culture. Il suffit d’y incorporer du compost frais et de la matière organique pour régénérer ses propriétés. Cette pratique s’inscrit dans une démarche de jardinage durable.
À noter : le tamisage du terreau mûr permet d’obtenir différentes granulométries selon les usages prévus. Les éléments grossiers peuvent retourner dans un nouveau tas de décomposition.
FAQ
Combien de temps faut-il pour obtenir un terreau de feuilles mortes utilisable ?
La maturation complète nécessite entre 12 et 18 mois selon les conditions climatiques et la composition du tas. Un terreau partiellement décomposé peut servir d’amendement au bout de 6 mois.
Peut-on utiliser toutes les variétés de feuilles mortes ?
La plupart des feuilles conviennent, mais il faut éviter celles du noyer et les feuilles malades. Les feuilles tendres se décomposent plus rapidement que les feuilles coriaces riches en tanins.
Comment accélérer la décomposition des feuilles mortes ?
Le broyage, l’ajout de matière azotée comme les tontes de gazon, l’arrosage avec du purin d’ortie et le retournement régulier du tas accélèrent significativement le processus de décomposition.