En bref
- Le bambou se plante toute l’année hors période de gel dans un sol humide et bien drainé
- Il convient de creuser un trou deux fois plus large que la motte et d’arroser abondamment après plantation
- Les bambous traçants nécessitent une barrière anti-rhizomes pour limiter leur expansion
- La distance de plantation varie de 40 cm pour les bambous nains à 4 mètres pour les variétés géantes
Choisir la période de plantation
Un bambou en conteneur se plante à tout moment de l’année, excepté durant les périodes de gel intense. La période optimale s’étend de janvier à juin pour favoriser le développement des racines avant le premier hiver. L’automne constitue également une excellente période car le sol encore chaud stimule la croissance des rhizomes et des racines.
Il convient d’éviter la plantation au printemps tardif lorsque les jeunes turions émergent, car ces pousses fragiles supportent mal la transplantation. Durant l’été, la plantation reste possible mais exige une surveillance accrue de l’arrosage.
Préparer le sol pour la plantation
Le bambou prospère dans un sol fertile, humide mais bien drainé. Cette graminée préfère les terrains neutres à légèrement acides, tout en tolérant les sols calcaires avec un pH jusqu’à 8,5. Il suffit d’enrichir le sol avec du compost ou du fumier bien décomposé si la terre manque de richesse.
Il est préférable de travailler le sol sur 50 cm de profondeur et d’améliorer le drainage dans les terrains lourds. Les bambous ne supportent pas les sols marécageux, à l’exception de certaines variétés comme le Phyllostachys heteroclada. L’ameublissement du sol facilite l’installation des rhizomes et favorise une croissance vigoureuse.
Technique de plantation en pleine terre
La plantation du bambou débute par l’immersion de la motte dans un seau d’eau jusqu’à la disparition des bulles d’air. Cette étape garantit une hydratation complète des racines avant la mise en terre. Il convient ensuite de creuser un trou d’une largeur et d’une profondeur équivalentes à 1,5 fois celles du conteneur.
Le dépotage s’effectue avec précaution pour préserver l’intégrité des rhizomes. Si nécessaire, il suffit de découper le pot plastique plutôt que de forcer. Une poignée de corne broyée ou d’engrais organique à libération lente apportée au fond du trou nourrit la plante durant les premiers mois.
La motte se positionne de manière à ce que sa surface affleure le niveau du sol ou dépasse légèrement de 1 à 2 cm. Il ne faut jamais enterrer la base des cannes sous peine de compromettre la reprise. Le rebouchage s’effectue avec la terre fine extraite, en tassant délicatement autour des racines.
Un arrosage copieux de 15 à 20 litres d’eau termine la plantation. Cette irrigation abondante élimine les poches d’air et assure un contact optimal entre les racines et le sol. La formation d’un bourrelet de terre autour de la plante facilite les arrosages ultérieurs en retenant l’eau.
Distances de plantation selon les variétés
L’espacement entre les plants varie considérablement selon la taille adulte des bambous et l’usage prévu. Pour une haie de bambous, la plantation serrée accélère la formation d’un écran dense, tandis qu’un massif ornemental tolère des distances plus importantes.
| Type de bambou | Distance en massif | Distance en haie | Hauteur maximale |
|---|---|---|---|
| Bambous nains | 40-60 cm | 30-50 cm | 0,5-1,5 m |
| Bambous moyens | 80-100 cm | 60-80 cm | 2-4 m |
| Bambous géants | 300-400 cm | 160-200 cm | 8-25 m |
Les bambous géants nécessitent un espacement généreux pour exprimer pleinement leur port majestueux. À l’inverse, des bambous nains plantés tous les 40 cm forment rapidement un couvre-sol dense et uniforme.
Gérer les bambous traçants
Les bambous traçants de la famille des Phyllostachys développent des rhizomes qui s’étendent rapidement dans toutes les directions. Ces variétés peuvent coloniser plusieurs mètres carrés en quelques années si aucune mesure de confinement n’est prise. Il convient donc d’installer une barrière anti-rhizomes lors de la plantation.
Cette barrière se compose d’un matériau rigide (plastique épais, métal ou béton) enfoncé sur 80 cm de profondeur et dépassant de 5 cm au-dessus du sol. Elle doit former un périmètre complet autour de la zone de plantation pour bloquer efficacement l’expansion des rhizomes.
Les bambous jaunes traçants comme le Phyllostachys aurea offrent un feuillage décoratif mais exigent cette précaution. L’alternative consiste à choisir des bambous non-traçants de la famille des Fargesias, qui forment des touffes compactes sans envahir l’espace.
Plantation en pot sur terrasse
Un bambou en pot apporte une touche d’exotisme aux terrasses et balcons tout en maîtrisant naturellement son développement. Il convient de choisir un conteneur d’au moins 50 cm de côté avec des trous de drainage pour éviter l’asphyxie des racines.
Le fond du pot reçoit une couche drainante de 5 à 8 cm composée de billes d’argile, de gravier ou de pouzzolane. Un feutre horticole posé par-dessus empêche le mélange avec le substrat. La terre se compose de 50% de terreau de qualité, 40% de compost et 10% de sable pour assurer un drainage optimal.
L’arrosage d’un bambou en pot demande une attention particulière durant l’été. Il suffit de maintenir le substrat frais sans excès d’humidité, en laissant sécher la surface entre deux apports d’eau. Un paillage organique limite l’évaporation et protège les racines des variations thermiques.
Variétés recommandées pour débuter
Les bambous non-traçants offrent une solution idéale pour les jardiniers débutants ou les petits espaces. Le Fargesia rufa forme une touffe compacte de 2,5 mètres de hauteur avec des gaines rosées décoratives. Cette variété supporte des températures jusqu’à -20°C et s’adapte au soleil comme à l’ombre légère.
Le Fargesia angustissima développe un port plus élancé atteignant 5 mètres avec un feuillage fin et gracieux. Ses jeunes pousses pourpres apportent une note colorée au printemps. Cette variété accepte toutes les expositions et résiste également à -20°C.
Pour les bambous de balcon, le Fargesia gansu reste compact avec ses 2,5 mètres de hauteur et ses cannes rouge-noir contrastant avec le feuillage vert persistant. Sa rusticité de -17°C convient aux régions tempérées.
Soins après plantation
Le paillage du sol autour des bambous fraîchement plantés présente de multiples avantages. Cette couverture organique limite l’évaporation de l’eau, maintient la fraîcheur du sol et réduit le développement des mauvaises herbes. Les feuilles mortes du bambou constituent un paillage naturel qui se décompose et enrichit progressivement le sol.
L’arrosage régulier durant la première année favorise l’établissement du système racinaire. Il convient d’apporter l’eau en profondeur plutôt qu’en surface pour encourager l’enracinement. Un apport d’engrais organique au printemps soutient la croissance des nouvelles cannes.
La bouture de bambou permet de multiplier les variétés appréciées. Cette technique s’effectue au printemps en prélevant des sections de rhizomes avec des bourgeons. Si les bambous deviennent envahissants, des méthodes existent pour se débarrasser des bambous indésirables.
FAQ
Quelle est la meilleure période pour planter un bambou ?
La plantation s’effectue toute l’année hors gel, avec une préférence pour la période de janvier à juin ou l’automne. Le sol encore chaud de l’automne favorise le développement des racines avant l’hiver.
Comment empêcher un bambou traçant d’envahir le jardin ?
Il suffit d’installer une barrière anti-rhizomes rigide enfoncée sur 80 cm de profondeur autour de la zone de plantation. Cette barrière doit dépasser de 5 cm au-dessus du sol et former un périmètre complet.
Quelle distance respecter entre deux bambous pour une haie ?
L’espacement varie selon la variété : 30 à 50 cm pour les bambous nains, 60 à 80 cm pour les variétés moyennes et 160 à 200 cm pour les bambous géants. Une plantation serrée accélère la formation de la haie.
Un bambou peut-il pousser dans tous les types de sol ?
Le bambou préfère les sols fertiles, humides mais bien drainés, avec un pH neutre à légèrement acide. Il tolère les terrains calcaires mais supporte mal les sols marécageux ou trop secs.