En bref
- Le kiwi classique résiste jusqu’à -10°C, le kiwaï supporte -17°C
- Les variétés autofertiles comme l’Actinidia arguta Issaï simplifient la culture
- La récolte du kiwi intervient en hiver, celle du kiwaï en septembre-octobre
- Un support solide reste indispensable pour palisser ces lianes vigoureuses
Différences entre le kiwi et le kiwaï
L’Actinidia deliciosa produit le kiwi traditionnel à chair verte, tandis que l’Actinidia arguta donne le kiwaï ou kiwi de Sibérie. Le fruit du kiwi mesure 6 à 8 cm avec une peau brune et poilue. Le fruit du kiwaï atteint seulement 3 cm de diamètre avec une peau lisse verte ou rouge.
Le kiwaï se consomme entièrement avec sa peau, contrairement au kiwi qui nécessite un épluchage. Les fruits du kiwaï mûrissent plus tôt et présentent une saveur plus sucrée rappelant la groseille à maquereaux.
La rusticité distingue également ces deux fruitiers. Le kiwi résistant au froid tolère des températures jusqu’à -10°C, tandis que le kiwaï résistant au froid supporte jusqu’à -17°C. Cette différence permet au kiwaï de s’adapter aux régions aux hivers rigoureux.
Variétés et pollinisation
Les variétés d’Actinidia se répartissent en trois catégories selon leur système de reproduction. Les variétés femelles produisent des fruits mais nécessitent un pollinisateur mâle. Les variétés mâles assurent la pollinisation sans donner de fruits. Les variétés autofertiles combinent les deux fonctions.
Parmi les variétés femelles d’Actinidia deliciosa, le kiwi Hayward domine la production française. Cette variété produit des fruits de gros calibre à chair verte acidulée. Elle requiert un pollinisateur mâle comme Tomuri, avec un ratio d’un pied mâle pour cinq à six pieds femelles.
L’Actinidia arguta propose plusieurs variétés femelles performantes. L’Actinidia arguta Ananasnaya développe une saveur d’ananas caractéristique. La variété Geneva produit des fruits précoces, tandis que Chang Bai Giant donne des fruits de très gros calibre pour un kiwaï.
Les variétés autofertiles simplifient considérablement la culture. L’Actinidia arguta Issaï reste la seule variété autofertile de kiwaï largement disponible. Elle produit des fruits dès la deuxième année et ne nécessite aucun pollinisateur.
Plantation et conditions de culture
Le choix de l’emplacement détermine la réussite de la plantation. Ces fruitiers grimpants exigent une exposition ensoleillée à mi-ombragée, protégée des vents froids. Le sol doit rester frais, bien drainé et riche en matière organique.
Il convient d’éviter les sols calcaires qui provoquent des chloroses. Un pH légèrement acide à neutre favorise le développement des racines. L’ajout de tourbe et de compost améliore la structure du sol et sa capacité de rétention d’eau.
La plantation s’effectue de préférence au printemps après les dernières gelées tardives. Il suffit de creuser un trou de 50 cm de côté et de profondeur. Un lit de graviers au fond assure le drainage, recouvert d’un mélange de terre de jardin et de tourbe.
Le palissage nécessite une structure robuste capable de supporter le poids des lianes adultes. Une pergola, un treillage ou des fils tendus entre poteaux conviennent parfaitement. L’espacement entre plants atteint 3 à 4 mètres pour permettre le développement complet.
Entretien et taille
L’arrosage constitue le point critique de la culture du kiwi et du kiwaï. Ces plantes gourmandes en eau nécessitent un apport régulier, particulièrement en période estivale. Un arrosage insuffisant provoque la chute des fruits et compromet la récolte.
Un paillage de 10 à 15 cm d’épaisseur maintient la fraîcheur du sol et limite l’évaporation. Les matériaux organiques comme les copeaux de bois ou la paille conviennent parfaitement. Ce paillage réduit également le développement des adventices.
La taille s’effectue en deux temps selon les objectifs. La taille de formation structure la charpente pendant les premières années. Elle consiste à sélectionner les branches principales et à supprimer les pousses mal orientées.
La taille de fructification intervient chaque année avant le démarrage de la végétation. Il convient de raccourcir les rameaux fructifères à 3-4 yeux au-delà des derniers fruits. Cette taille favorise le renouvellement du bois et maintient la productivité.
Récolte et conservation
La période de récolte varie selon les espèces cultivées. Le fruit du kiwi Hayward se cueille en novembre-décembre, après les premières gelées qui améliorent sa saveur. Le fruit du kiwaï mûrit plus précocement, entre septembre et octobre.
Les signes de maturité diffèrent entre les deux fruits. Le kiwi se récolte encore ferme et termine sa maturation en stockage. Le kiwaï se cueille à maturité complète, quand sa chair cède légèrement sous la pression du doigt.
La conservation du kiwi s’étale sur plusieurs mois dans un local frais et ventilé. Ce fruit riche en vitamines se conserve jusqu’au printemps suivant dans de bonnes conditions. Le kiwaï se consomme rapidement après récolte, sa conservation n’excédant pas 10 à 15 jours.
Problèmes courants et solutions
Le manque d’eau représente la principale cause d’échec dans la culture du kiwi et du kiwaï. Les symptômes incluent le jaunissement des feuilles, la chute des fruits et le dépérissement des jeunes pousses. Un arrosage régulier et un paillage généreux préviennent ces problèmes.
L’absence de fructification résulte souvent d’un problème de pollinisation. Il est préférable de vérifier la présence d’un pollinisateur mâle à proximité des variétés femelles. La distance entre plants ne doit pas excéder 50 mètres pour une pollinisation efficace.
Les ravageurs restent peu nombreux sur ces fruitiers résistants. Les araignées rouges peuvent apparaître en cas de sécheresse prolongée. Des pulvérisations d’eau sur le feuillage et le maintien d’une humidité suffisante éliminent ce problème.
FAQ
Combien de temps faut-il attendre avant la première récolte du kiwi ?
Les plants de kiwi commencent à produire au bout de 3 à 4 ans après plantation. Les variétés autofertiles comme l’Actinidia arguta Issaï donnent des fruits dès la deuxième année. La production atteint son maximum vers la 7ème année.
Peut-on cultiver le kiwi en pot sur une terrasse ?
La culture en pot reste possible mais délicate. Il faut choisir un conteneur d’au moins 50 litres et prévoir un support solide. L’arrosage doit être très régulier et la fertilisation renforcée. La production sera cependant limitée par rapport à une culture en pleine terre.
Le kiwi jaune est-il plus difficile à cultiver que le vert ?
Le kiwi jaune présente une sensibilité accrue à l’humidité et aux maladies fongiques. Sa culture nécessite une protection contre la pluie et une ventilation renforcée. Les variétés comme Minkigold restent plus accessibles aux jardiniers amateurs.