En bref
- La marcotte est une branche qui forme des racines sans être détachée de la plante mère
- Le marcottage se pratique de mai à septembre selon les espèces et la méthode choisie
- Trois techniques principales existent : par couchage, par buttage et marcottage aérien
- Le sevrage de la marcotte s’effectue une fois les racines bien développées
Définition et origine de la marcotte
Le terme marcotte provient du moyen français « marcot », lui-même issu du latin « marcus » désignant une espèce de cep. Les dictionnaires de référence définissent la marcotte comme un rameau raciné obtenu par marcottage, que l’on sépare ensuite de la plante mère. Cette technique horticole figure dans les ouvrages botaniques depuis le XVIIe siècle.
La marcotte se distingue de la bouture par le maintien du lien avec la plante mère durant l’enracinement. Cette connexion garantit un apport constant en sève et en nutriments, favorisant la formation de racines robustes. Les jardiniers utilisent couramment des marcottes pour multiplier la vigne, l’olivier, le figuier ou les œillets.
Comment fonctionne le marcottage ?
Le principe du marcottage repose sur la circulation de la sève dans les végétaux. La sève brute circule dans l’aubier des racines vers les feuilles, tandis que la sève élaborée descend par le liber des feuilles vers les racines. Le cambium sépare ces deux réseaux et génère les nouvelles cellules.
Pour réaliser une marcotte, il convient d’interrompre la circulation descendante de la sève en retirant une bande d’écorce. Cette interruption provoque l’accumulation de sucres et d’hormones au niveau de la coupe, stimulant la formation de racines. L’aubier reste intact pour maintenir l’alimentation en sève brute.
Les trois méthodes de marcottage
Marcottage par couchage
Le marcottage par couchage convient aux plantes aux rameaux souples et longs. Cette technique se pratique de mai à septembre sur des tiges saines sans fleurs. Il suffit de creuser un sillon de 10 cm de profondeur, d’y coucher la branche après avoir supprimé les feuilles sur la partie enterrée.
Une incision légère sous un œil favorise l’enracinement de la marcotte. La tige se maintient en terre avec une sardine ou une pierre, puis se recouvre d’un mélange de terreau et de sable. L’extrémité de la marcotte se tuteure et nécessite des arrosages réguliers pour maintenir le sol humide.
Marcottage par buttage
Le marcottage en cépée ou par buttage permet d’obtenir plusieurs marcottes simultanément. Cette méthode s’adapte aux arbustes buissonnants aux tiges courtes ou rigides. En février-mars, il convient de rabattre les tiges à 10-20 cm du sol pour stimuler de nouvelles pousses.
Les nouvelles tiges se recouvrent ensuite d’une butte de terre légère, en laissant dépasser les extrémités. Les racines se forment rapidement sur les parties enterrées. À l’automne, le dégagement de la terre révèle les marcottes enracinées, prêtes pour la transplantation.
Marcottage aérien
Le marcottage aérien s’applique aux arbres et arbustes aux tiges dressées et rigides. Cette technique se réalise en hauteur sur des branches d’au moins 1 cm de diamètre. Après suppression des feuilles, une bande d’écorce de 1 à 2 cm se retire tout autour de la branche.
Un film plastique entoure la zone dénudée pour maintenir un substrat léger et créer une atmosphère confinée. Le substrat humide favorise la formation de racines dans cette pochette étanche. Après quelques mois, les racines denses permettent le sevrage de la marcotte et sa transplantation.
Quand pratiquer le marcottage ?
La période optimale pour le marcottage s’étend de mi-mai à mi-juin, lorsque l’arbre est en pleine végétation avec des feuilles bien développées. Les feuilles actives produisent les sucres et hormones nécessaires à la formation des racines. Il convient d’éviter un marcottage trop tardif pour permettre l’enracinement avant l’hiver.
Le marcottage aérien se pratique de mai à juillet, voire toute l’année sous abri pour les plantes en pot. Le sevrage de la marcotte s’effectue après quelques mois si les racines sont suffisantes, ou au printemps suivant pour les plantes ligneuses. Cette patience garantit un système racinaire robuste pour la nouvelle plante.
Avantages et limites du marcottage
Le marcottage présente plusieurs avantages par rapport au bouturage. La marcotte reste nourrie par la plante mère durant l’enracinement, ce qui améliore considérablement les chances de réussite. La plante obtenue est souvent plus avancée qu’une bouture et présente une meilleure reprise après transplantation.
Cette technique convient particulièrement aux espèces difficiles à bouturer. Certaines plantes se marcottent naturellement, comme le lierre, le chèvrefeuille, la ronce ou le fraisier. La limitation principale du marcottage réside dans le nombre restreint d’exemplaires obtenables simultanément, contrairement au semis.
Erreurs courantes et conseils de réussite
Les échecs de marcottage résultent souvent d’un grattage insuffisant du cambium. Dans ce cas, l’arbre répare la coupe au lieu de former des racines. À l’inverse, une entaille trop profonde coupe la sève brute ascendante, privant les feuilles d’alimentation et causant la mort de la partie marcottée.
Il convient de maintenir le substrat humide sans excès d’eau, qui provoquerait la pourriture des racines naissantes. Pour le marcottage aérien, l’utilisation d’un film plastique opaque ou noir évite le développement d’algues. La rotation régulière de l’arbre favorise un développement racinaire uniforme autour de la marcotte.
Applications spécialisées du marcottage
En bonsaï, le marcottage sert à améliorer l’esthétique en créant un nouveau système racinaire en étoile. Cette technique permet aussi de récupérer la partie haute d’un arbre à réduire, obtenant ainsi deux bonsaïs à partir d’un seul spécimen. Le marcottage offre une solution élégante pour corriger les défauts de nebari.
Pour les arbres fruitiers, le marcottage conserve fidèlement les caractéristiques variétales, contrairement au semis qui produit des plants différents. Cette méthode s’avère particulièrement utile pour multiplier des variétés anciennes ou rares. Les vignerons utilisent traditionnellement le marcottage, appelé provignage, pour renouveler leurs vignobles.
FAQ
Combien de temps faut-il pour qu’une marcotte développe des racines ?
Le développement des racines prend généralement 3 à 6 mois selon l’espèce et la méthode utilisée. Les plantes à croissance rapide forment des racines plus rapidement que les arbres à croissance lente. Il convient d’attendre un enracinement dense avant le sevrage.
Peut-on marcotter toutes les espèces de plantes ?
La plupart des plantes ligneuses se marcottent facilement, mais certaines espèces résistent à cette technique. Les conifères et certains arbustes à écorce très dure nécessitent des adaptations particulières. Les plantes herbacées se multiplient généralement mieux par bouturage ou division.
Quelle différence entre une marcotte et une bouture ?
La marcotte reste reliée à la plante mère pendant l’enracinement, tandis que la bouture est immédiatement séparée. Cette connexion garantit un apport nutritif constant à la marcotte, améliorant les chances de réussite. Le sevrage ne s’effectue qu’après formation complète des racines.