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La cicadelle : identifier et lutter contre cet insecte piqueur au jardin

La cicadelle constitue un ravageur redoutable pour de nombreuses cultures du jardin. Cet insecte piqueur suceur de la famille des Cicadellidés s’attaque à plus de 400 espèces végétales, provoquant des dégâts considérables sur les feuilles et affaiblissant les plantes. Il convient de bien identifier les cicadelles et de mettre en place des stratégies de lutte adaptées pour protéger efficacement le jardin potager et les plantes ornementales.

Mis à jour le 03/03/2026

Temps de lecture estimé à 9 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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Jardinage

Sommaire.

  1. En bref
  2. Reconnaître la cicadelle et ses dégâts
  3. Les principales espèces de cicadelles au jardin
  4. Surveillance et seuils d’intervention
  5. Méthodes de lutte préventive
  6. Traitements naturels et biologiques
  7. Prédateurs naturels et lutte biologique
  8. Traitements insecticides autorisés
  9. Gestion saisonnière et prévention

En bref

  • Les cicadelles sont des insectes piqueurs suceurs de 3 mm à 1,5 cm qui parasitent la plupart des végétaux sauf les résineux
  • Ces insectes provoquent des décolorations foliaires, un ralentissement de croissance et peuvent transmettre des virus aux plantes
  • La lutte préventive passe par la destruction des repousses et l’installation de pièges englués jaunes
  • Les traitements naturels au savon noir et l’introduction de prédateurs naturels comme les coccinelles donnent de bons résultats

Reconnaître la cicadelle et ses dégâts

La cicadelle se présente sous la forme d’un petit insecte de couleur variable : blanchâtre, beige, verte ou brune selon les espèces. Ces insectes piqueurs suceurs mesurent de quelques millimètres à 1,5 centimètre de longueur. Ils se caractérisent par leur capacité à sauter rapidement et à s’envoler dès qu’on s’approche des plantes infestées.

Les larves de cicadelles ressemblent aux adultes mais restent aptères et plus petites. Elles passent par cinq stades de développement avant d’atteindre la maturité. Les œufs sont pondus dans les tissus végétaux, notamment dans les feuilles, les bourgeons ou sous l’écorce des arbres et arbustes.

Les dégâts causés par la cicadelle se manifestent par l’apparition de petites ponctuations jaune clair sur les feuilles des végétaux. Ces piqûres évoluent progressivement vers des taches étendues qui donnent un aspect décoloré aux feuillages. La sève des végétaux étant prélevée en permanence, les plantes s’affaiblissent et leur croissance ralentit considérablement.

Une cicadelle injecte également une toxine salivaire qui bloque la circulation de la sève dans les tissus végétaux. Cette substance provoque le dessèchement et la nécrose des zones touchées. Le miellat produit par ces insectes favorise le développement de la fumagine, un champignon qui noircit les feuilles et réduit la photosynthèse.

Les principales espèces de cicadelles au jardin

Plusieurs espèces de cicadelles s’attaquent aux cultures du jardin potager et aux plantes ornementales. La cicadelle pruineuse Metcalfa pruinosa, originaire d’Amérique du Nord, colonise désormais le territoire français depuis les années 1980. Cette espèce produit des « crachats de coucou », une mousse blanchâtre caractéristique qui protège les larves.

Bon à savoir

En agriculture de production (et notamment en viticulture), la lutte contre les cicadelles est obligatoire, d’où la mise en place de plans de lutte raisonnée dans les régions fortement touchées.

La cicadelle de l’aster Macrosteles fascifrons s’attaque particulièrement aux plantes de la famille des Composées, des Graminées et des Ombellifères. Dans le potager, elle cause des dommages importants sur les cultures légumières de ces familles botaniques.

L’Empoasca vitis, appelée cicadelle verte de la vigne, provoque des grillures caractéristiques sur les feuilles des vignes. Les bordures foliaires rougissent sur les cépages rouges et jaunissent sur les cépages blancs, créant des motifs polygonaux délimités par les nervures.

La cicadelle de la pomme de terre Empoasca fabae s’attaque aux cultures de pommes de terre mais également aux arbres fruitiers comme le pommier, ainsi qu’aux fraisiers et aux haricots du potager.

Surveillance et seuils d’intervention

La surveillance des cicadelles s’effectue principalement à l’aide de pièges chromatiques jaunes englués. Ces plaques engluées de format A4 se placent à 20 mètres des bordures du jardin, inclinées à 30 degrés par rapport au sol. Il convient de débuter cette surveillance dès les premiers semis et de l’arrêter après deux semaines consécutives sans capture.

L’observation visuelle des cicadelles reste possible pendant les heures les plus chaudes de la journée, lorsque la température dépasse 12°C. Ces insectes se montrent alors plus actifs et plus facilement détectables sur les feuilles des végétaux.

Les seuils d’intervention varient selon les cultures. Pour la vigne, il faut traiter dès que l’on compte 50 à 100 larves pour 100 feuilles examinées. Dans les autres cultures, un traitement s’impose si l’on observe une forte activité avec plus de 5 cicadelles qui sautent par zone observée.

Tant qu'on en parle
La cicadelle : identifier et protéger les cultures de cet insecte nuisible

Le suivi des populations de cicadelles doit tenir compte de la durée d’infestation. Un cumul de population modérée mais prolongée sur 15 jours peut causer autant de dégâts qu’une infestation intense mais brève.

Méthodes de lutte préventive

La lutte contre les cicadelles commence par des mesures préventives au jardin. Il est préférable de détruire systématiquement les repousses et les graminées sauvages qui servent de réservoirs aux virus transmis par ces insectes. Cette destruction limite les sources d’infestation à proximité des cultures.

Le choix des dates de semis influence également la pression exercée par les cicadelles. Il convient d’éviter les semis trop précoces qui coïncident avec les périodes de forte activité de ces ravageurs. Un décalage des dates de plantation réduit les risques d’infestation massive.

L’installation de plantes répulsives comme les pétunias et les géraniums aux abords du potager et des massifs ornementaux contribue à éloigner naturellement les cicadelles. Ces végétaux produisent des substances que ces insectes piqueurs suceurs évitent instinctivement.

La taille et l’élimination des parties infectées constituent une mesure préventive importante. Il faut stériliser les outils de coupe entre chaque intervention pour éviter la propagation des virus et des champignons transmis par la cicadelle.

Traitements naturels et biologiques

Le jet d’eau puissant représente la première intervention mécanique contre les cicadelles. Cette technique permet de déloger les larves et d’éliminer les crachats de coucou présents sur les feuilles des végétaux. Il faut répéter cette opération plusieurs fois par semaine pour obtenir une efficacité satisfaisante.

Tant qu'on en parle
Fumagine au potager et au jardin : reconnaître et traiter cette maladie cryptogamique

Les pulvérisations de savon noir constituent un traitement naturel particulièrement adapté à la lutte contre la cicadelle. Il suffit de mélanger le savon noir avec de l’huile de colza et un peu d’alcool ménager dans un litre d’eau pour obtenir une solution efficace. Cette préparation se pulvérise sur les deux faces des feuilles en fin de journée.

L’huile de neem offre une alternative naturelle intéressante pour lutter contre les cicadelles au jardin. Ce produit d’origine végétale perturbe le développement des larves et réduit la reproduction des adultes. Les applications se renouvellent 2 à 4 fois par mois selon l’intensité de l’infestation.

Le purin d’ortie et les décoctions de lavande présentent également des propriétés répulsives contre ces insectes piqueurs suceurs. Ces préparations naturelles s’intègrent parfaitement dans une approche de jardinage bio respectueuse de l’environnement.

Prédateurs naturels et lutte biologique

Les prédateurs naturels des cicadelles jouent un rôle déterminant dans la régulation des populations au jardin. Les coccinelles consomment activement les larves et contribuent significativement à limiter les infestations. Il convient de préserver ces auxiliaires en évitant les traitements chimiques systématiques.

Les oiseaux insectivores comme les mésanges, les rouge-gorges et les fauvettes se nourrissent régulièrement de cicadelles adultes. L’installation de nichoirs et la plantation d’arbustes à baies favorisent la présence de ces alliés naturels dans le jardin.

Les punaises prédatrices constituent également des auxiliaires précieux pour lutter contre la cicadelle. Ces insectes chassent activement les larves et les adultes, contribuant à maintenir l’équilibre biologique du jardin potager et des massifs ornementaux.

Tant qu'on en parle
Comment utiliser le savon noir au jardin pour protéger vos plantes naturellement

L’hyménoptère Neodryinus typhlocybae représente un agent de lutte biologique spécialisé contre la cicadelle pruineuse Metcalfa pruinosa. Ce parasitoïde s’introduit dans les larves et provoque leur mort. Son utilisation reste généralement réservée aux interventions professionnelles dans les grandes cultures.

Traitements insecticides autorisés

Lorsque les méthodes naturelles s’avèrent insuffisantes, il est possible de recourir à des insecticides à base de pyrèthre. Ces produits d’origine végétale agissent par contact sur les cicadelles adultes et les larves. Les applications se font en fin de journée pour préserver les insectes pollinisateurs.

Les pyréthrinoïdes de synthèse comme la deltaméthrine, la cyperméthrine ou la lambda-cyhalothrine sont autorisés dans certaines cultures. Ces substances actives nécessitent le respect strict des doses, des délais avant récolte et des zones de non-traitement pour protéger l’environnement.

Il faut renouveler les traitements insecticides 2 à 3 fois à une semaine d’intervalle pour couvrir l’ensemble du cycle de développement des cicadelles. Ces produits n’ayant aucune action préventive, ils doivent s’appliquer en présence avérée d’insectes sur les végétaux.

La résistance aux insecticides peut se développer chez les populations de cicadelles. Il convient donc d’alterner les matières actives et de privilégier une approche intégrée combinant plusieurs méthodes de lutte pour maintenir l’efficacité des traitements.

Gestion saisonnière et prévention

Le cycle annuel de la cicadelle guide les interventions au jardin. Les adultes hivernent sur les arbustes à feuillage persistant ou les conifères avant de migrer au printemps vers les plantes hôtes. Cette période de migration constitue un moment clé pour installer les pièges et débuter la surveillance.

Bon à savoir

Important : depuis le 1erseptembre 2018, l’utilisation de produits phytopharmaceutiques contenant des substances actives de la famille des néonicotinoïdes ou des substances présentant des modes d’action identiques est interdite. Cette interdiction a été contestée par de grands groupes industriels mais par une décision en date du 6 mai 2021 (C-499/8P), la Cour de justice de l’Union européenne a définitivement validé l’interdiction de trois insecticides néonicotinoïdes: le clothianidine, le thiamethoxane et l’imidaclopride. De plus, à compter du 1erjanvier 2020, l’utilisation des produits phytopharmaceutiques à proximité des zones habitées est subordonnée à des mesures de protection des personnes habitant ces lieux (article L. 253-8 du Code rural et de la pêche maritime, issu de la loi n° 2018-938 du 30 octobre 2018).

La ponte s’étale de mai à septembre selon les espèces et les régions. Les femelles déposent leurs œufs dans les nervures des feuilles ou sous l’écorce des arbres et arbustes. Il est préférable d’intensifier les observations durant cette période critique pour détecter rapidement les premières infestations.

Les générations estivales, particulièrement la deuxième génération de juillet-août, causent généralement les dégâts les plus importants. Les populations atteignent alors leur maximum et les conditions climatiques chaudes favorisent l’activité des cicadelles sur l’ensemble des végétaux du jardin.

La préparation hivernale du jardin influence la pression exercée par les cicadelles l’année suivante. Il convient de nettoyer soigneusement les massifs, d’éliminer les débris végétaux et de tailler les arbustes pour réduire les sites d’hivernation de ces ravageurs.

FAQ

Comment distinguer une cicadelle d’un puceron ?

La cicadelle se différencie du puceron par sa capacité à sauter et à voler rapidement. Elle mesure généralement plus de 3 mm contre 1 à 4 mm pour le puceron. Les dégâts diffèrent également : la cicadelle provoque des ponctuations claires sur les feuilles tandis que le puceron cause des déformations et un enroulement du feuillage.

Le savon noir est-il vraiment efficace contre les cicadelles ?

Le savon noir présente une efficacité modérée contre les cicadelles, particulièrement sur les larves jeunes. Il agit par contact en obstruant les voies respiratoires de l’insecte. Son action reste limitée sur les adultes qui s’envolent rapidement. Il faut renouveler les applications régulièrement et traiter les deux faces des feuilles pour optimiser les résultats.

Quand faut-il installer les pièges jaunes englués ?

Les pièges jaunes englués se mettent en place dès les premiers semis ou au débourrement des arbres fruitiers. La surveillance commence en avril-mai selon les régions et se poursuit jusqu’en septembre. Il faut vérifier les captures chaque semaine et remplacer les plaques engluées lorsqu’elles sont saturées d’insectes.

Les cicadelles peuvent-elles tuer les plantes ?

Les cicadelles affaiblissent considérablement les végétaux mais provoquent rarement leur mort directe. Le danger principal vient des virus qu’elles transmettent, comme la flavescence dorée de la vigne. Ces maladies virales peuvent effectivement entraîner la mort des plantes infectées. La fumagine qui se développe sur le miellat aggrave également l’affaiblissement des végétaux.

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