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Plantation
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Floraison
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Taille
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Le genre Jatropha est constitué de 170 à 200 espèces de petits arbres et arbustes persistants ou caducs, souvent utilisés comme plantes médicinales. Leur aire de distribution s'étend des zones tempérées chaudes aux zones tropicales, d'Amérique, d'Afrique et d'Asie.
Jatropha podagrica, surnommée « plante-bouteille », est particulièrement appréciée comme plante d'intérieur pour ses apparences d'arbre-bouteille qui rappelle la rose du désert (Adenium). Originaire de régions d'Amérique centrale (du Guatemala au Panama) marquées par une saison sèche, elle est aujourd'hui abondamment cultivée dans les jardins des tropiques notamment en Chine et en Inde.
L'arbuste mesure jusqu'à 1,50 m de haut. Son tronc épaissi et succulent, enflé à la base, de type caudex, naît d'une souche charnue assez profonde. Il possède une surface lisse bosselée vert beige, paré de quelques rameaux noueux couverts de soies non urticantes. Comme chez tous les membres de la famille des Euphorbiacées, la tige sécrète un latex dont il faut éviter le contact. Toxique, elle peut aussi causer une irritation de la peau et des éruptions de contact. Les feuilles sont rattachées au sommet des tiges par un pétiole assez souple, au moins aussi long que le limbe. Ce dernier, large de 10 à 20 cm, présente 3 à 5 lobes coriaces en forme d'écu (scutiformes) aux bords lisses, vert foncé lustré sur le dessus, bleuâtre clair au revers. Les feuilles tombent pendant la saison sèche, mais chez nous cela correspond souvent à l'automne.
L'inflorescence rouge minium est une cyme bipare très ramifiée comme du corail rouge, postée au bout d'un long pédoncule. Les fleurs mâles et femelles sont séparées mais sur un même pied (monoïque). Les mâles ont 5 pétales de 6 mm, 5 minuscules sépales de 0,6 mm, 6 à 10 étamines réparties sur deux cercles et un disque nectarifère en forme d'urne, tandis que les femelles, moins nombreuses, présentent une corolle surmontée d'un ovaire vert prolongé par un pistil fourchu et de glandes nectarifères. La floraison se déroule souvent en début d'été. Les capsules à trois loges mesurent jusqu'à 2 cm de diamètre. Les graines ovoïdes noires assez grosses (1 cm de long) et dotées d'une excroissance sont expulsées à plusieurs mètres de la plante. Elles demeurent très toxiques pour les hommes comme pour les animaux.
L'usage médicinal des Jatropha reste pour l'instant limité aux pratiques traditionnelles. Jatropha multifida est utilisé pour ses propriétés antibactériennes et antifongiques en Tanzanie. Ses jeunes feuilles sont consommées au Mexique comme légume et ses graines sont réputées purgatives. Les Chinois emploient l'écorce et les feuilles contre l'eczéma et les démangeaisons.
« L'or vert du désert », Jatropha curcas fit parler de lui au début des années 2000 comme nouvelle source de biocarburant grâce à l'huile tirée de ses graines appelées noix des Barbades. L'huile présente aussi des vertus purgatives, antifongiques, désinfectantes de la peau et antiparasitaires, étudiées notamment pour lutter contre le paludisme. Elle est également utilisée à des fins industrielles (savons, bougies…). Les feuilles auraient une activité anti-leucémique, le latex des propriétés anti-cancéreuses et anti-microbiennes. L'arbuste est actuellement cultivé de façon intensive aux États-Unis, en Asie, Arabie saoudite, en Europe et aussi au Mali. La faible variabilité génétique des pieds cultivés inquiète cependant certains chercheurs qui craignent une attaque parasitaire généralisée. La multiplication de Jatropha curcas se fait essentiellement par bouturage car les graines restent peu nombreuses, la fécondation nécessitant des abeilles.
Jatropha cilliata contient un anxiolytique (flavonoïdes) testé chez la souris. La décoction de feuilles sert d'hémostatique et à soigner la toux, l'écorce, de poison pour la pêche. Son écorce tannique permet d'extraire un colorant marron foncé.
Jatropha, dérivant du grec iatros, médical, et trophe, nourriture, évoque les vertus médicinales de la plante. Le nom d'espèce podagrica désigne en grec la maladie de la goutte dont un symptôme est le gonflement du pied, allusion au caudex.
Les Jatropha poussent dans des terres bien drainées, sablonneuses, graveleuses ou pierreuses et à proximité de forêts caduques.
En conséquence, cette plante se plaît à l'intérieur dans un endroit éclairé, voire ensoleillé, en évitant toutefois les rayons de midi notamment sur les jeunes feuilles. Elle peut être sortie à mi-ombre pendant l'été.
Lorsqu'elle a perdu ses feuilles, il est possible de « remiser » la plante dans une pièce sombre et fraîche dont la température ne descend pas en dessous de 15 °C.
Plantez-la toute l'année.
Installez une couche de gravillons ou de billes d'argile au fond du pot. Utilisez un terreau pour cactées ou un mélange de terreau de feuilles, de sable grossier et de terre franche ou bien encore un mélange à parts égales de terreau de feuilles, de tourbe, de sable et de gravillons ou pouzzolane.
Les pots en terre, pas trop grands par rapport à la plante mais profonds, conviennent mieux que les pots en plastique.
Arrosez durant le printemps et l'été mais en espaçant suffisamment environ tous les 7 à 10 jours : laissez sécher le substrat sur la moitié de la hauteur du pot.
À l'automne, diminuez progressivement les arrosages jusqu'à cesser totalement entre la chute des feuilles et février. Placez la plante autour de 15 °C. Ce repos est indispensable pour induire la prochaine floraison. Reprenez graduellement les arrosages en fin d'hiver.
Fertilisez environ une fois par mois en période de croissance avec un engrais liquide dilué à 50 % ou bien avec de l'engrais pour cactées.
Rempotez tous les ans au printemps les jeunes plants. La plante capable d'atteindre 1 m de hauteur en intérieur peut vivre des dizaines d'années. Une fois adulte, rempotez-la seulement tous les 2 à 3 ans ou contentez-vous de surfacer le pot.
Manipulez la Jatropha avec précaution en mettant des gants pour éviter le contact avec le latex qui s'écoule à la moindre blessure.
Procédez au printemps.
La taille des extrémités de tiges aurait pour effet de renforcer la grosseur du tronc et de lui conserver un port compact. Évitez cependant de mouiller les coupes afin d'assurer une bonne cicatrisation des tissus et portez des gants.
Le semis reste assez délicat. Semez au printemps en utilisant des graines fraîches.
Bouturez d'avril à juillet. La bouture de rameau aboutit à des plantes sans caudex mais il semblerait que le pincement répété des tiges permette au tronc de s'épaissir.
Posez des cartons englués jaunes pour limiter le vol des aleurodes. Vaporisez le feuillage avec de l'eau ou sortez la plante pour contrer les acariens.
La culture de Jatropha curcas s'est développée depuis quelques années dans différents pays pour la production d'agrocarburant (biodiesel) mais l'intérêt pour cet arbuste date de bien plus longtemps. Au XIXe siècle, il fut largement diffusé dans le monde pour servir de haie vive autour des champs en raison de sa mauvaise odeur et de sa toxicité aptes à repousser le bétail. La plante s'utilise encore comme engrais vert au Népal avant une culture de riz. Ses extraits permettent de lutter contre les dégâts de limaces et escargots. La teneur en alcaloïdes toxiques varie selon la provenance si bien que certaines populations mexicaines consomment les feuilles de clones sélectionnés.
La plante, capable de vivre plus de 50 ans, s'adapte à des milieux pauvres et arides. Elle est prometteuse au niveau médical du fait de ses composants très diversifiés. Les coques séchées du fruit pourraient servir de combustible. Malheureusement le succès a toujours ses travers. La culture du Jatropha curcas a conduit à des expropriations et des perturbations écologiques et économiques au Brésil, à Madagascar, au Mexique…
Jatropha multifida et gossypiifolia furent décrites et baptisées par Carl von Linné en 1753, l'espèce podagrica par William Hooker (1785-1865) en 1848 alors directeur des Royal Botanic Gardens de Kew.
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