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Plantation
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Récolte
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Taille
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Cette petite fougère très rustique mesure de 5 à 60 cm. Persistante, rhizomateuse, Polypodium vulgare, de la famille des Polypodiacées, possède des frondes à lobes profonds, vert mat foncé sur la face supérieure, plus clair au revers. Leur taille est généralement de 20 à 40 cm de long mais cela varie en fonction du milieu : elles ne dépassent pas 5 cm dans les creux des roches alors qu'elles peuvent atteindre 60 cm dans les pentes humides. Cette vivace glabre a un rhizome épais, un peu charnu et sucré, couvert d'écailles rousses. Ces frondes prennent naissance de façon isolée, le long du rhizome rampant. Les organes reproducteurs, les spores, sont renfermés dans des sporanges qui naissent sous les feuilles. Les sores, jaunes et de forme arrondie, sont très visibles et alignés sur deux rangées.
Ce polypode se propage lentement pour former de jolis tapis de verdure, conservant ses frondes solitaires, mais très rapprochées, légèrement inclinées, jusqu'à l'arrivée des suivantes au printemps.
On le trouve dans toute l'Europe, et dans des endroits parfois insolites, tellement il s'adapte à toutes les situations : le long des côtes, sur les dunes, les landes, sur les rochers recouverts d'une légère couche de terre, dans les tapis de mousse des forêts, jusque sur les arbres, car il peut être épiphyte. Si Polypodium vulgare est commun en France, jusqu'à 2 000 m d'altitude, il est plus rare en région méditerranéenne. On le trouve aussi en grande quantité en Scandinavie et dans les Carpates. Mais il ne vit pas qu'en Europe. En Amérique du Nord, elle se plaît dans certaines régions des États-Unis et du Canada.
Cette fougère n'est guère difficile. Elle aime aussi bien les lieux très ombragés que mi-ensoleillés. N'hésitez pas en garnir talus, bords d'escaliers, murets, souches d'arbres. Elle se plaît aussi bien en pot, associée à des bruyères ou des primevères et est parfaite pour habiller des endroits situés au nord ou à l'ouest, sur le balcon, une terrasse, une cour de ville, ou dans un coin du jardin un peu oublié. Elle n'a pas son pareil pour apporter du naturel aux scènes de vivaces ou animer la base d'arbres, surtout en hiver. Elle sert alors d'écrin aux hellébores et aux bulbes précoces. Elle craint le grand soleil ? Il suffit de la cacher sous des arbustes ou de grandes vivaces, comme des fuchsias, pour qu'elle puisse vivre partout. Cette espèce d'une étonnante rusticité est probablement la fougère résistant le mieux à la sécheresse. C'est une plante idéale pour les murs végétaux placés au nord ou à l'ouest.
Idées d'associations : Associez le polypode commun aux pervenches, aux brunneras, aux Meconopsis cambrica, aux bégonias vivaces… Utilisez-la en couvre-sol sous les camélias, les rhododendrons, les lauriers-tin…
Cette fougère est parfois appelée réglisse des bois ou réglisse sauvage. En effet, son rhizome est parfois utilisé à des fins médicinales, mais aussi gastronomiques. Le rhizome, au goût amer et sucré, était autrefois utilisé pour aromatiser des confiseries, tel le nougat, car il contient une saponine, l'osladine, au pouvoir sucrant intense, correspondant à plus de 500 fois celui du sucre. Si vous voulez le grignoter, comme on grignote un bâton de réglisse, grattez-le jusqu'à voir apparaître une tige verte. Dans les pays de l'est de l'Europe, il est encore couramment employé en cuisine.
Le polypode a également des propriétés médicinales. On emploie le rhizome séché comme vermifuge, cholagogue, laxatif doux, diurétique et expectorant. Le polypode est utilisé assez souvent pour soigner la bronchite et la toux de même que la constipation et l'insuffisance hépatique.
Attention : ces traitements sont déconseillés aux femmes enceintes et qui allaitent.
Plantez-le au soleil doux, à ombre et mi-ombre, en sol plutôt frais, sans trop de calcaire, même pauvre, voire pierreux.
En pot, plantez le polypode dans un mélange de 3/4 terreau de feuilles et 1/4 de sable.
Toute l'année, mais de préférence au printemps ou en automne
Mettez le godet ou le conteneur à tremper dans un seau d'eau 15 min. Faites un trou de trois fois le volume de la motte. Ajoutez une poignée de compost. Positionnez la plante après l'avoir dépotée, rebouchez, arrosez, paillez.
Si vous voulez installer votre polypode dans la fissure d'un muret, faites un trou légèrement plus conséquent, à l'aide d'un tournevis par exemple, pour glisser les racines entourées d'un peu de terre.
Si vous souhaitez installez ce polypode sur une écorce d'arbre, puisque c'est une plante poussant éventuellement en épiphyte, enveloppez les rhizomes dans de la mousse et fixez-les dans la position souhaitée, à l'aide d'un fil, et conservez la fraîcheur jusqu'à établissement de la plante.
En pot, positionnez la plante bien au milieu, rebouchez, arrosez, paillez. Si vous avez la possibilité de récolter un peu de mousse des bois, paillez avec cette mousse.
Note : le polypode commun adore particulièrement les murs végétaux, où l'eau ne stagne pas mais où l'humidité est constante.
En pleine terre, un arrosage bien suivi est indispensable pendant les premières semaines, afin que la plante s'acclimate. Ensuite, elle peut supporter des périodes de sécheresse, mais elle est toujours plus belle dans un sol frais. Taillez les feuilles abîmées et nettoyez la touffe, si besoin, en fin d'hiver.
Si vous l'avez installée dans une fissure de muret, vaporisez de l'eau régulièrement pendant les premiers mois.
En pot, arrosez dès que la terre sèche en surface, mais ne laissez jamais d'eau stagner dans la soucoupe.
Si vous êtes envahis de bébés polypode – ce qui arrive lorsque la plante se plaît particulièrement –, sachez que les fougères portent leurs spores reproductrices sous les feuilles. Ainsi, si vous souhaitez les supprimer, il faut couper les feuilles… Et alors, plus de fougères ! Pensez donc à surveiller régulièrement les bébés éventuels. S'ils ne sont pas à la bonne place, retirez-les rapidement, car les racines deviennent vite bien implantées.
Rempotez le polypode commun tous les 2-3 ans en mars-avril.
On ne peut guère parler de taille, mais plutôt d'un nettoyage : à la fin de l'hiver, coupez à la base les frondes de l'année précédente qui brunissent quand apparaissent les nouvelles.
Pas de maladie connue, pas d'attaque de parasites pour cette plante ultra résistante !
Les racines se récoltent toute l'année, mais elles sont plus savoureuses, plus sucrées au printemps. Ôtez la partie brune, en grattant le rhizome, pour la cuisine. Pour ses propriétés médicinales, il suffit de faire sécher le rhizome et de le réduire en poudre.
Vous pouvez conserver le rhizome, non gratté, pendant quelques jours, dans un lieu ventilé. Réduit en poudre, vous pouvez le conserver dans une boite hermétique pendant deux mois.
Le polypode commun se multiplie par division et semis.
Divisez la touffeau printempsà l'aide d'une bêche, et séparez les éclats ayant des départs de fondes. Replantez-les aussitôt, en terre ou en godet.
Les semis spontanés sont nombreux, si la plante se plaît. Vous pouvez aussi en récupérer en forêt, en pleine terre, dans les murs, le plus souvent à l'ombre et à mi-ombre, mais parfois au soleil si elles trouvent la fraîcheur qu'elles affectionnent. Vous pouvez les trouver toute l'année, mais surtout au printemps. Jeunes, ce sont des plantes faciles à récupérer. Mettez-les en godet, dans du terreau de feuilles, puis rangez-les à l'ombre. Attendez six mois pour les mettre à leur place définitive.
Pour le semis, attendez la maturité des spores, en août en principe. Semez en caissette, dans un substrat composé à parts égales de sable et de terreau de feuilles. Installez cette caissette à mi-ombre, maintenez humide. À la levée, éclaircissez. Vous les repiquerez à la fin du printemps suivant, en godet, et attendrez l'automne pour les mettre en place.
Le saviez-vous ? On ne parle pas de graines pour les fougères, mais de spores. La différence ? Les spores – groupées dans des petits sacs appelés sporanges, regroupés eux-mêmes en sores – ne sont pas le résultat d'une fécondation comme celle des plantes à fleurs. La spore germe en un minuscule prothalle sur lequel, également grâce à une fécondation, se développe une nouvelle fougère. Pour les jardiniers, le résultat est le même. En tombant au sol, la spore se développe végétativement, fabriquant racines et frondes. Et ces fougères, lorsqu'elles se plaisent, ne lésinent pas sur le nombre de spores qui essaiment un peu partout, en pleine terre, dans les murs…
Cette plante est si facile de culture que tous les jardins devraient l'accueillir, pour la biodiversité, surtout que sa végétation couvre-sol permet à la petite faune de s'y abriter.
Ses petits noms : polypode commun, réglisse des bois, réglisse sauvage ; au Canada tripes-de-roches. Cette fougère est nommée, par les Anglophones : « common polypody », « rock polypody » ou « rock cap fern ».
Polypodium vient du grec « polys », nombreux, et « podos », pied, à cause de ses nombreux rhizomes. Quant à vulgare, cela veut dire commun.
Théophraste (philosophe, botaniste et alchimiste de la Grèce antique né vers -371) Dioscoride (médecin, pharmacologue et botaniste grec né entre les années 20 et 40 apr. J.-C) et Galien (médecin grec né en 129 apr. J.-C. ayant exercé à Rome) citaient déjà ses vertus comme vermifuge et laxatif doux.
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