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Plantation
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Floraison
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Taille
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Les Melaleuca sont des arbustes persistants présents principalement en Australie mais aussi en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en Indonésie et en Asie du Sud-Est. Leur surnom paperbark (écorce à papier) vient de l'épaisse écorce de certaines espèces arborées, constituée de la superposition de membranes blanchâtres. Fort de 230 espèces dont 220 sont endémiques d'Australie ou Tasmanie, le Melaleuca constitue le plus vaste genre de cette région après l'Eucalyptus même si, pour certains auteurs (Australian Native Plants Society), le nombre d'espèces oscille plutôt entre 170 et 200. Le Callistemon (rince-bouteille) est très proche du Melaleuca, aussi les deux genres sont souvent confondus dans l'historique des nomenclatures. Tous ces végétaux austraux font partie de la famille des Myrtacées.
Le Melaleuca est assez malléable et pousse aussi bien dans des sols bourbeux que dans des sols bien drainés, et généralement pauvres. On le trouve le long des cours d'eau ou au bord des marais dans des forêts clairsemées ou denses, dans des zones arbustives.
Les feuilles coriaces, alternes ou opposées décussées, glabres ou velues sont généralement aromatiques, de petites tailles et de forme plate ou enroulée sur elles-mêmes, rappelant les bruyères, le millepertuis, les feuilles écailleuses de certains thyms ou encore les feuilles lancéolées de l'olivier, etc.
Les fleurs filamenteuses sont hermaphrodites et groupées en écouvillons comme chez le rince-bouteille ou en petites sphères. Le calice à 5 sépales parfois caducs et la corolle à 5 pétales sont très réduits si bien que l'on visualise surtout les faisceaux formés par les étamines. Ces dernières sont fixées par paquets sur la partie médiane ou à la base de chacun des 5 pétales. Leurs couleurs rose, blanche, mauve ou rouge donnent un aspect très décoratif à l'arbuste. Les inflorescences paraissent en extrémité et le long des rameaux. Leur qualité nectarifère leur a valu le nom de honey myrtle (myrte à miel) appliqué surtout aux espèces buissonnantes. En Australie, le pic de floraison des Melaleuca se situe entre septembre et novembre ce qui correspond au printemps chez nous.
Les fruits rappellent les capsules ligneuses groupées le long des tiges du callistemon. Leur coque semi-globuleuse ou globuleuse laisse échapper de minuscules graines uniquement après un feu ou à la mort de la plante. Il est donc facile de les recueillir à tout moment en approchant une flamme.
L'utilisation de l'écorce parcheminée de certaines espèces comme le niaouli est très courante chez les Aborigènes. Ils emballent leur nourriture, en font de larges ceintures porte-bébés ou encore des nasses pour la pêche. Les écorces roulées puis assemblées servent même à fabriquer des embarcations légères.
Les feuilles contiennent des huiles essentielles exploitées pour certaines espèces dans l'aromathérapie comme l'arbre à thé (tea tree) et le niaouli, essences désignées sous le nom de « goménol » en Nouvelle-Calédonie. L'huile essentielle de niaouli (Melaleuca) mélangée à de l'huile végétale sert à masser les muscles douloureux. Elle est recommandée dans le traitement des affections respiratoires, pour stimuler les défenses naturelles, comme bactéricide, antiviral, antimycosique et pour équilibrer le système nerveux autonome. Elle sert aussi en diffusion à éloigner les insectes ou assainir l'air et s'incorpore aux savons, aux bonbons et liqueurs en Nouvelle-Calédonie. L'infusion des feuilles servait traditionnellement à laver les enfants et les malades ou leur décoction à lutter contre la grippe. L'huile essentielle de niaouli est aussi extraite de M. leucadendra.
Le tea tree, issu de M. alternifolia, est aussi un antibactérien à large spectre d'action (notamment pour les staphylocoques et streptocoques), un fongicide, un antiviral, un cicatrisant et stimulant des défenses immunitaires. Il est désormais introduit dans de nombreux produits cosmétiques pour son effet germicide et comme insectifuge (contre les poux). Même si peu d'essais cliniques appropriés ont à ce jour confirmé son efficacité, la production de l'huile essentielle d'arbre à thé est la plus importante parmi les Melaleuca depuis 10 ans. L'arbuste est cultivé naturellement dans une zone restreinte du nord de la Nouvelle-Galles du Sud mais aussi aux États-Unis, au Zimbabwe, en Nouvelle-Zélande et en Chine. Cette huile essentielle est exploitée depuis la colonisation de l'Australie vers 1800. Les Aborigènes l'utilisaient sous une forme non traitée contre les maux de tête, les rhumes et comme insectifuge. Le plan d'eau dans lequel tombaient les feuilles de cet arbre était ainsi considéré comme une eau miraculeuse.
Attention : le terme « tea tree » s'emploie pour l'espèce Melaleuca alternifolia mais aussi pour le genre Leptospermum.
Les bois de M. quinquenervia et leucadendra sont exploités dans de nombreuses régions tropicales comme bois d'œuvre (traverses de chemin de fer, poteaux), pâte à papier, bois énergie. Le niaouli est aussi apprécié pour son miel ou comme arbre d'ornement. Il s'est largement implanté sous les tropiques jusqu'à poser de sérieux problèmes d'invasion notamment dans les marais des Everglades en Floride.
Le feuillage et les tiges fleuries des Melaleuca se conservent bien en faisant tremper les tiges dans l'eau ou en les vaporisant.
Le nom Melaleuca vient du grec melas, noir et leucos, blanc. Cette combinaison de mots qui peut sembler contradictoire vient de ce que certaines espèces présentent une base de tronc sombre et des branches claires. Le passage des feux de brousse accentue évidemment cet effet.
mrpbps/CC BY 2.0/Flickr
Installez le Melaleuca en climat doux comme sur le littoral breton ou la Côte d'Azur car sa rusticité ne va pas au-delà de -7 °C. Même si dans son pays d'origine, il apprécie les sols humides, chez nous, il est préférable de le planter dans un sol bien drainé, quitte à arroser davantage durant l'été.
Le Melaleuca tolère bien la mi-ombre mais la floraison est plus importante au soleil.
Les espèces de l'Ouest australien réussissent mal en sol humide.
L'arbuste peut aussi se cultiver dans un grand pot ou bac que vous abritez des gelées fortes durant l'hiver dans une serre froide ou une véranda.
Au printemps de préférence.
Creusez une fosse assez large et placez du gravier ou du sable au fond du trou pour améliorer le drainage. Ajoutez un peu de terreau à la terre de remplissage.
Réalisez un mélange de terreau et de sable avec une couche de drainage au fond du conteneur.
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Maintenez le sol suffisamment humide au cours de l'été de façon à encourager la croissance.
Appliquez un engrais à libération lente après la floraison surtout dans le cas d'une culture en pot.
Note : les espèces natives du sud-ouest de l'Australie marqué par des étés secs et des hivers humides ne supportent pas trop les terrains humides, les zones tropicales et subtropicales aux étés pluvieux. Cependant, les espèces suivantes, Melaleuca fulgens, M. nesophila, M. lateritia, M. diosmifolia et M. huegelii du sud-ouest, se sont bien adaptées sur la côte est du Queensland et de la Nouvelle-Galles du Sud. Par ailleurs, M. viridiflora est une espèce tropicale qui pousse avec succès dans des zones fraîches à condition de protéger les jeunes plants du gel.
Après la floraison.
Pour garder une forme compacte, taillez le Melaleuca à la fin de sa floraison en ôtant jusqu'à 50 % de la longueur des pousses. Les arbustes tolèrent même des tailles drastiques jusqu'au sol, notamment M. decussata et nodosa réagissent très vigoureusement.
Peu de parasites s'en prennent au Melaleuca. En Australie, une chenille défoliatrice (Orthaga thyrsalis) formant une toile sur le rameau, à l'instar de nos chenilles processionnaires, commet cependant de gros dégâts, également sur Leptospermum et Callistemon.
Les racines sont peu sensibles à la pourriture.
En serre, les attaques d'acariens et de cochenilles peuvent se produire.
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Les plants issus de semis résistent mieux au stress hydrique par rapport aux boutures mais demandent quelques années avant de fleurir.
En mars-avril, récoltez des rameaux comportant des capsules âgées au moins de 12 mois et placez-les au chaud dans un récipient ouvert. Les capsules s'ouvrent en 2-3 jours. Vous pouvez également passer une flamme près des capsules et recueillir les graines en plaçant un sac ou une feuille de papier en dessous.
Le semis direct (sur le sol directement) est pratiqué dans les pépinières australiennes. Aucun traitement spécial n'est recommandé mais la germination demande 2 à 4 semaines à 20-25 °C.
Une astuce consiste à placer un pot rempli de tourbe où les graines ont été semées en surface, au-dessus d'une soucoupe pleine d'eau de façon à s'assurer que les graines restent constamment humides. La pose d'une vitre sur le pot est une autre possibilité.
La lumière améliore la germination. Le succès du semis dépend aussi fortement de l'âge des graines, de la levée de dormance et du moment du semis.
Le Melaleuca peut mettre plus de 5 ans à fleurir sans que l'on soit sûr d'obtenir un plant conforme au pied-mère.
Procédez au printemps.
Vos boutures fleuriront ainsi au bout de 2 ans.
Le Melaleuca est un arbuste plus facile à réussir que les Callistemon ou certains Grevillea. En climat doux, ils sauront vous satisfaire amplement pour réaliser des haies, ensoleillées ou mi-ombragées, soumises aux embruns, plantées dans des sols pauvres plus ou moins bien drainés. Ils résistent au sel, au vent comme à la pollution.
Les fleurs très nectarifères attirent les insectes, les chauves-souris et les oiseaux, du moins dans leur habitat naturel.
Melaleuca quinquenervia est l'unique espèce à tendance invasive connue.
Melaleuca alternifolia : son nom d'arbre à thé fut donné en 1770 par l'explorateur britannique James Cook et son équipage qui le buvaient en guise de thé. Par la suite, ils eurent l'idée de le mélanger à des feuilles d'épicéa pour obtenir une bière (note 1).
Les premières espèces de Melaleuca, M. leucadendra et cajuputi, furent recueillies au milieu du XVIIe siècle en Indonésie par George Runf, un marchand néerlandais. Elles vivent également au nord de l'Australie sous climat tropical.
Certains botanistes comme Lyn Craven (note 2) pensent que la séparation entre les genres Melaleuca et Callistemon basée sur l'arrangement des étamines n'est pas si évidente. Callistemon viminalis notamment est une espèce qui pose problème. Il serait d'avis de réunir tous ces végétaux sous le terme Melaleuca.
Le niaouli a été introduit en 1886 en Floride pour prévenir l'érosion des sols mais s'est malheureusement naturalisé jusqu'à mettre en péril la végétation indigène du fait de son attirance pour les marécages. On le trouve planté à la Réunion comme plante ornementale mais son cas n'est pas critique. En Nouvelle-Calédonie, son aire de répartition s'est étendue aux savanes suite à la destruction de la forêt primaire par les feux répétés et le défrichement. Son écorce ignifuge lui permet de résister au feu. Il couvrait 40 % de l'île en 1981 et se trouve entre 0 et 1 000 m d'altitude. Le niaouli est l'emblème de la Nouvelle-Calédonie. C'est d'ailleurs le surnom donné aux « Poilus » néo-calédoniens venus défendre la France en 1914-1918.
Note 1 : Longe J. L. 2005b, The Gale Encyclopedia of Alternative Medicine, Detroit, Thomson Gale.
Note 2 : Craven L. (2006), "New Combinations in Melaleuca for Australian Species of Callistemon (Myrtaceae) », The Australian National Herbarium (Novon 16), p. 468-475.
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